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Numéro 1
Le symptôme de Clavileño
Gilbert Kieffer
Pages: 43 –48
Résumé
L’extrait proposé est tiré de mon Second Manifeste, celui qui décrit la séparation entre l’esthétique et l’art. Vingt années auparavant j’avais écrit Le Manifeste de la peinture d’Illusion non-Euclidienne, pour transcrire ma technique picturale. Entre ces deux, j’ai rencontré François Laruelle, le concepteur de la Non-Philosophie. J’ai pu alors élaborer des outils pour visualiser très clairement la manière dont l’esthétique moderne et post-moderne avait usurpé les frontières de ses postulats et envahi l’art lui-même. Car durant tout un siècle on nous avons trop appris à nous taire, à baisser les yeux, afin de laisser la place à de supposés spécialistes qui nous parlaient de l’art. Ce sont eux qui nous démontraient à force de pirouettes verbales que des choses que nous trouvions insipides, étaient en fait des formes d’art que nous n’étions pas préparés à comprendre. Nous n’étions pas loin alors de ressembler à Dom Quichotte dans le fameux épisode du second volume, quand quelques nobles rencontrés en chemin décident de lui jouer le tour de Clavileño. Ils apportent un cheval de bois qu’ils appellent Clavileño, affirmant que c’est un destrier magique envoyé par Malambruno pour rejoindre Dulcinée du Toboso, afin de la délivrer du charme qui la tenait prisonnière. C’est ce qui nous arrive quand nous écoutons les explications des readymades, toutes ces sophistications conceptuelles d’un art qui ne dit rien par lui-même. Nous sommes dans la même situation que le vieil Hidalgo. Un…
Mots-clés: symptôme, symptôme de Clavileño, non art, non-esthétique, Clavileño