← Clandestinité, une ouverture
Issue 1
La petite misère du monde
Christelle Fourlon
Pages: 37 –42
Abstract
La clandestinité désigne le caché. Pourtant, elle est bien un facteur de désignation de quelque chose, de l’existant, mais dès lors a posteriori. C’est là son principal lien à la philosophie, et en particulier à l’« aletheia » comme problématique de dévoilement. Dans la perspective du « noein » heideggerrien, penser la clandestinité, c’est « prendre en garde » ce qui est laissé intact : l’immanent même, indépendant de tout procès philosophique de transformation. La clandestinité prend donc en garde l’homme pris en chasse et désigné étranger pour la loi. Cet homme-là aussi précieux et prochain que moi-même : c’est en non-philosophie qu’elle le réconcilie, lui, le « pris en garde » qui n’a jamais changé, lui, l’homme. L’ère technique contemporaine veut que l’homme prenne le mode d’être de ce qu’il produit. La clandestinité qui prend en garde l’intact représente le persistant et l’existant. La clandestinité désigne la petite misère du monde qui signe le déséquilibre planétaire en plein jeu de venue et de retrait : la misère s’accroît au même rythme que la richesse du septentrion, dès lors s’y meut-elle pour mieux s’y retirer. Abstract The secret nature shows the hidden. But it is something that is shown as well, some kind of existing, but a posteriori. Here is its main bond with the philosophical field, and especially with the “aletheia” as a disclosure problematics. In Heidegger viewpoint of the “noein”, thinking the secret nature is taking care of what has been let intact:…
Keywords: Clandestinité, Misère, Aletheia, Heidegger, Noein, Caché, Intact